Les 4 principaux secteurs d’activités analysés
Près de sept salariés du privé sur dix travaillent dans quatre secteurs phares, d’après l’INSEE, édition 2023. D’un secteur à l’autre, les courbes de croissance ne se ressemblent guère : certains surfent sur l’innovation, d’autres peinent à encaisser les secousses économiques récentes.
Les écarts de salaires persistent dans ces domaines, malgré des tentatives de rapprochement des conditions de travail. Les embauches n’obéissent pas aux mêmes règles partout : chaque secteur impose sa cadence, ses propres priorités, ses spécificités bien ancrées.
Plan de l'article
Panorama des grands secteurs d’activité : comprendre la structure du marché de l’emploi
Décortiquer le marché du travail à travers la nomenclature NACE, c’est mettre à jour un enchevêtrement où production et distribution se croisent sans relâche. En France, la façon d’organiser les secteurs ne date pas d’hier : l’économie urbaine s’appuie toujours sur trois fondations solides, artisanat, commerce et services. Ce schéma se décline de ville en ville, de Toulouse à Saragosse, chaque cité faisant valoir ses singularités au sein de la grande tapisserie industrielle européenne.
A Toulouse, la diversité sectorielle frappe : du secteur alimentaire aux arts, en passant par le textile, le cuir, les métaux, l’habillement, le bâtiment ou la santé, rien n’est laissé de côté. Saragosse partage cette pluralité, preuve que cette répartition résiste au temps dans le tissu urbain. Les corporations toulousaines et les gremios aragonais encadrent l’artisanat, garantissant la transmission des gestes et la régulation des métiers.
La nomenclature NACE, standardisée par l’INSEE, offre un point de comparaison précis pour suivre les évolutions d’emploi et de production d’un territoire à l’autre. Un exemple : le secteur du bâtiment à Toulouse compte deux fois plus d’actifs qu’à Saragosse, reflet direct du boom démographique toulousain. A l’inverse, le textile règne à Saragosse avec 361 indépendants, contre 252 à Toulouse, et l’alimentaire pèse plus lourd dans la cité espagnole (10 % des actifs).
Cette organisation sectorielle, héritée des anciennes corporations, continue de dessiner la carte des métiers, d’influencer la circulation de la main-d’œuvre, de marquer les différences de salaires et de façonner les parcours professionnels. Cet héritage social et économique laisse une empreinte profonde sur l’analyse contemporaine des dynamiques de l’emploi.
Quels métiers et dynamiques caractérisent les secteurs clés aujourd’hui ?
Regarder de près la répartition des activités économiques à Toulouse et Saragosse, c’est constater des contrastes flagrants dans les métiers et les effectifs. L’artisanat concentre encore des métiers historiques, en particulier dans l’alimentaire. Parmi eux, on retrouve notamment :
- bouchers
- boulangers
- meuniers
- pâtissiers
Saragosse recense 180 boulangers contre 145 à 163 à Toulouse selon les périodes. Mais la spécialisation toulousaine frappe lorsque l’on observe le nombre de pâtissiers : 60 pour la ville rose, seulement 8 côté aragonais. Le bâtiment, pilier de l’emploi toulousain, mobilise menuisiers, charpentiers et maçons en bien plus grand nombre, jusqu’à cinq fois plus qu’à Saragosse.
Dans le textile, l’indépendance professionnelle domine :
- 361 travailleurs à Saragosse
- 252 à Toulouse
Les employés constituent 45 % des effectifs dans les deux villes, preuve d’une industrie qui s’appuie sur une main-d’œuvre nombreuse mais souvent peu qualifiée, massée dans les ateliers. Saragosse compte 228 tailleurs, Toulouse entre 150 et 200. Chaussetiers et couturières suivent des trajectoires propres à chaque ville, dessinant des profils de secteurs bien distincts.
Le secteur de la santé met en avant une hiérarchie professionnelle nette : Toulouse affiche 131 praticiens, Saragosse 88. La capitale occitane se démarque avec ses 65 chirurgiens (contre 14 à Saragosse) et l’activité soutenue des sages-femmes. Les arts trouvent aussi leur place, avec 31 peintres et 28 musiciens à Toulouse, tandis qu’à Saragosse, les artistes sont intégrés à l’artisanat.
Dans les services, la palette des métiers va des musiciens aux employés domestiques. Voici quelques chiffres révélateurs :
- 170 porteurs domestiques à Toulouse
- environ 100 marchands de vin à Saragosse
Les petits métiers, le transport, l’action sociale ou encore l’enseignement alimentent un écosystème professionnel dense, miroir des besoins urbains et des changements démographiques.
Explorer de nouvelles perspectives professionnelles à travers l’analyse des principaux secteurs
Comparer Toulouse et Saragosse, c’est observer des équilibres façonnés par la distribution des métiers et l’organisation des activités. Le secteur alimentaire garde un poids majeur : 7 % des actifs à Toulouse, 10 % à Saragosse. Derrière la statistique, l’identité locale se dessine : la boulangerie domine à Saragosse, la pâtisserie s’envole à Toulouse.
Le bâtiment, moteur de la croissance urbaine, concentre deux fois plus de travailleurs à Toulouse qu’à Saragosse. Cette réalité s’explique par une démographie en plein essor et une demande continue de logements. Les charpentiers, menuisiers et maçons y prospèrent, portés par des corporations influentes.
Dans le textile, une autre dynamique s’impose : 361 indépendants à Saragosse contre 252 à Toulouse. Là-bas, les tailleurs sont rois. Ici, la progression des métiers féminins (couturières, blanchisseuses) illustre l’énergie d’un secteur qui se renouvelle, ouvert à de nouveaux profils.
Le secteur de la santé réunit 131 professionnels à Toulouse, 88 à Saragosse, avec une nette surreprésentation des praticiens qualifiés côté français. Les chirurgiens et sages-femmes jouissent souvent d’une meilleure rémunération que dans d’autres branches. Quant aux arts, ils s’organisent différemment d’une ville à l’autre : Toulouse bénéficie d’une école des Beaux-Arts qui structure le secteur, tandis que Saragosse rattache ses artistes à l’artisanat, impactant leur visibilité et leur reconnaissance professionnelle.
Dans ce panorama, chaque secteur impose son rythme et ses codes. La mosaïque des métiers façonne des trajectoires professionnelles multiples, parfois inattendues. Face à ces contrastes, une certitude : le marché du travail, loin d’être figé, continue de surprendre, d’exclure ou d’attirer, au gré des mutations économiques et des choix collectifs. Le réel, lui, ne se laisse jamais enfermer dans une seule statistique.
