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L’intelligence artificielle : raisons de s’y intéresser

Quarante pour cent. C’est la part des associations qui, en 2023, ont franchi le pas de l’intelligence artificielle, s’emparant au moins d’un outil pour rythmer leur quotidien, d’après le rapport TechSoup. Pourtant, la route reste semée de doutes. Fiabilité des algorithmes, équipes qui tâtonnent, ressources qui manquent : l’IA intrigue, divise, interpelle.

Des associations automatisent déjà la gestion des dons, peaufinent leurs échanges avec les bénéficiaires. D’autres freinent des quatre fers. Ces différences d’approche témoignent de défis réels, mais aussi de possibilités nouvelles.

L’intelligence artificielle, une révolution silencieuse au cœur des organisations à but non lucratif

L’IA ne s’impose pas par grands discours. Elle s’infiltre, presque à pas feutrés, dans la vie des associations et fondations. Les systèmes d’intelligence artificielle se nichent dans la gestion des données, l’ajustement des campagnes de dons, ou l’analyse de l’impact social. Depuis peu, ces structures misent sur des outils qui automatisent les tâches redondantes, libérant du temps pour l’intelligence humaine.

Les usages se diversifient : prévoir la montée des dons, segmenter les donateurs au millimètre, repérer les anomalies dans la comptabilité. Le machine learning et le deep learning ouvrent la voie à une anticipation et une adaptation inédites. NetApp, par exemple, avec Active IQ, propose une analyse prédictive des infrastructures qui éclaire la prise de décision. Les géants du numérique, GAFAM et BATX en tête, mettent à disposition des plateformes sur-mesure. Reste la question, brûlante, de la protection de la vie privée. L’exploitation des données et la gouvernance des algorithmes soulèvent des enjeux éthiques qui s’imposent désormais à tous.

Voici quelques usages concrets qui émergent :

  • Optimisation des processus internes via des modèles d’intelligence artificielle
  • Soutien à la gestion des relations avec les donateurs grâce aux outils d’analyse de données
  • Déploiement progressif du machine learning pour affiner les stratégies

L’humain ne disparaît pas. Au contraire, il retrouve du souffle. Pour les associations, l’IA n’est pas un gadget, mais un levier discret qui renforce l’impact social, à condition de garder la main sur la collecte et l’utilisation des données, dans le respect de la vie privée.

Quels concepts clés faut-il comprendre pour saisir le potentiel de l’IA ?

Pour aborder l’intelligence artificielle, il faut d’abord s’approprier son langage. Les algorithmes sont la colonne vertébrale : ils trient, classent, prédisent, apprennent. Avec le machine learning, la machine ne se contente plus d’exécuter : elle ajuste ses réponses en fonction des données. Cette forme d’apprentissage automatique permet de résoudre des problèmes complexes, longtemps réservés à l’intelligence humaine.

Le deep learning va encore plus loin. Les réseaux de neurones, inspirés du cerveau, avalent des quantités massives d’informations, qu’il s’agisse d’images ou de vidéos. Les modèles de langage, à l’image de ceux qui propulsent ChatGPT, manipulent le texte, produisent des réponses, passent au crible d’immenses corpus. Quant aux modèles fondation, ils forment désormais la base de nombreux systèmes d’intelligence artificielle générative.

Quelques repères pour mieux s’y retrouver :

  • Algorithmes : instructions programmées pour gérer des tâches précises
  • Machine learning : adaptation automatique à partir de jeux de données
  • Deep learning : apprentissage hiérarchisé à l’aide de couches de traitement successives
  • Test de Turing : référence clé pour juger la capacité d’un système à simuler un comportement humain

La résolution de problèmes s’appuie désormais sur le big data : plus les données sont nombreuses, plus les modèles gagnent en finesse. Ces outils changent la donne en recherche, développement et prise de décision. La frontière entre l’humain et la machine se redessine, non par rupture, mais par alliance.

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Des opportunités concrètes pour renforcer l’impact et l’efficacité des associations grâce à l’IA

Les associations disposent aujourd’hui de leviers numériques capables de transformer leur fonctionnement. Les outils d’intelligence artificielle fluidifient la gestion des ressources humaines : tri automatisé des candidatures, planification des interventions. Moins de paperasse, plus de présence là où ça compte.

L’analyse de données ouvre de nouvelles perspectives. Les modèles prédictifs révèlent les attentes des publics, repèrent les territoires délaissés, orientent les campagnes d’adhésion ou de dons. Les assistants vocaux et chatbots prennent en charge les demandes répétitives, permettant aux équipes de se concentrer sur l’accompagnement individuel.

Voici quelques exemples d’usages qui s’installent :

  • Prise de décision automatisée : détection des signaux faibles, anticipation des besoins, ajustement des programmes.
  • Respect des droits humains et protection des données personnelles : intégration des solutions dans un cadre réglementaire strict, vigilance sur le règlement sur la protection des données et l’éthique de l’intelligence artificielle.

La technologie n’impose rien. Elle se met au service de la mission associative. Sur les réseaux sociaux, l’IA amplifie la mobilisation, fait circuler les messages, encourage l’engagement citoyen. Les associations françaises intègrent ces outils, tout en gardant un œil attentif sur la protection de la vie privée et la place de l’humain dans chaque démarche.

Demain, l’intelligence artificielle ne sera plus une option réservée à quelques pionniers. Ce sera un pilier discret, mais décisif, pour celles et ceux qui veulent agir, comprendre et transformer le réel, sans jamais perdre de vue le sens et le lien humain.